Une file avance à gauche, la voie de droite est dégagée. Pouvez-vous passer ? Depuis 2021, c’est permis à certaines conditions. Mais rester sur sa voie ne suffit pas toujours. Et depuis juillet 2026, une nouvelle distinction s’impose concernant les amendes d’ordre.
En résumé
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En présence d’une file sur la voie de gauche ou du milieu, vous pouvez la devancer par la droite avec la prudence nécessaire, même sans file à droite.
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Déboîter à droite, passer puis se rabattre à gauche reste interdit. Même sans changement de voie, passer à droite n’est pas toujours permis.
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Toute infraction n’entraîne pas un retrait : des amendes d’ordre existent pour les cas simples. Une infraction grave peut toutefois conduire à une procédure pénale et à un retrait d’au moins trois mois.
Quand puis-je devancer des véhicules par la droite ?
L’art. 36 al. 5 OCR autorise, sur les autoroutes et semi-autoroutes, à devancer prudemment des véhicules par la droite lorsqu’une file se forme sur la voie de gauche ou du milieu. Depuis 2021, il n’est plus nécessaire qu’une file existe également sur la voie de droite.
Exemple : une file dense avance plus lentement à gauche. Vous circulez déjà à droite et progressez prudemment un peu plus vite. Cela peut être permis. Gardez vos distances, anticipez les changements de voie et adaptez votre vitesse. L’exception ne permet pas de passer à vive allure à côté d’une file qui avance au ralenti.
Quand s’agit-il d’un dépassement interdit ?
La manœuvre typique interdite consiste à déboîter à droite, passer un ou plusieurs véhicules puis se rabattre à gauche. L’art. 36 al. 5 OCR interdit expressément ce dépassement par la droite.
C’est l’enchaînement de la manœuvre qui compte. Il n’existe pas de nombre universel de secondes ou de mètres rendant automatiquement le retour à gauche licite. Mettre son clignotant ne rend pas non plus un dépassement interdit admissible.
Suffit-il de rester sur la voie de droite ?
Non. En dehors d’une exception légale, devancer un véhicule par la droite peut être interdit même sans changement de voie. Un seul véhicule plus lent à gauche ou au milieu ne constitue pas, à lui seul, une file. L’existence d’une circulation en files dépend de la densité et du déroulement du trafic ; une simple différence de vitesse ne suffit pas.
Il n’existe pas non plus d’écart de vitesse généralement autorisé, de 10 ou 20 km/h par exemple. La prudence nécessaire et une vitesse adaptée restent déterminantes.
Puis-je passer à droite d’un véhicule qui reste lentement sur la voie du milieu ?
Pas simplement parce que la personne reste sans raison au milieu. Une violation de l’obligation de tenir sa droite ne vous autorise pas à commettre votre propre infraction. Lorsque le trafic est fluide, dépassez par la gauche si cela est possible en toute sécurité et conformément aux règles. En revanche, si une file existe réellement sur la voie du milieu, la possibilité de la devancer prudemment par la droite peut s’appliquer.
Existe-t-il d’autres exceptions ?
Oui. L’art. 36 al. 5 OCR vise aussi les tronçons de présélection avec des destinations différentes signalées, ainsi que certaines zones d’entrée et de sortie. Sur la voie d’accélération, l’exception s’étend jusqu’à la fin de la ligne double ; une autre exception concerne la voie de décélération. Cela n’autorise pas à détourner ces voies de leur usage pour gagner des places. Une bande d’arrêt d’urgence ordinaire n’est pas une voie de dépassement supplémentaire.
Quand risque-t-on une amende de 200 ou 250 francs ?
Depuis le 1er juillet 2026, l’ordonnance sur les amendes d’ordre prévoit 200 francs pour le devancement illicite par la droite sur les autoroutes et semi-autoroutes à plusieurs voies (annexe 1, ch. 314.5). Le dépassement par la droite en déboîtant puis en se rabattant est sanctionné par 250 francs (ch. 314.3).
Ces montants ne s’appliquent que si les conditions de la procédure de l’amende d’ordre sont réunies. Ce n’est pas un tarif fixe pour toute manœuvre dangereuse. Dans l’affaire 1C_626/2021, le Tribunal fédéral a déjà précisé qu’un dépassement simple par la droite, sans circonstances aggravantes, peut exceptionnellement être traité par une amende d’ordre. Le retrait du permis n’est donc pas automatique.
Quand l’infraction devient-elle grave ?
Une violation grave d’une règle importante, créant un danger sérieux pour autrui ou en acceptant le risque, peut relever de l’art. 90 al. 2 LCR. La faute grave requise doit également être réalisée. La densité du trafic, la visibilité, la vitesse, les distances et le déroulement de la manœuvre sont déterminants. Un accident n’est pas nécessaire.
Une telle condamnation peut entraîner une peine pécuniaire ou une peine privative de liberté de trois ans au plus, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire. Il faut distinguer la procédure administrative : en cas d’infraction grave au sens de l’art. 16c LCR, le retrait du permis est en principe d’au moins trois mois ; des antécédents peuvent l’allonger. D’autres qualifications sont possibles selon les circonstances. Une simple amende d’ordre n’entraîne en revanche ni inscription au casier ni retrait du permis.
Et avec un permis à l’essai ?
Une première infraction moyennement grave ou grave entraînant un retrait prolonge la période probatoire d’un an. Une nouvelle infraction moyennement grave ou grave pendant cette période peut entraîner la caducité du permis. Une simple amende d’ordre ne déclenche pas ces conséquences.
Si vous recevez une ordonnance pénale ou un courrier du service des automobiles, tenez compte des deux procédures et de leurs délais respectifs. Consignez les faits avec précision et faites examiner rapidement leur qualification juridique.
Avant de passer à droite, demandez-vous si une file ou une autre exception légale existe réellement. Restez prudent et renoncez à déboîter puis à vous rabattre pour dépasser. Le comportement incorrect d’autrui ne crée pas d’exception supplémentaire.
Publié le 28 septembre 2026