Un numéro suisse s’affiche. Votre interlocuteur prétend travailler pour votre banque ou la police. Cela peut rassurer, mais ne prouve rien : les numéros peuvent être usurpés. Depuis 2026, de nouvelles mesures suisses compliquent ces appels. La vigilance reste pourtant indispensable.
En résumé
-
Un numéro suisse affiché ne prouve ni l’identité ni la localisation de la personne qui appelle.
-
De nouvelles obligations d’identification s’appliquent depuis janvier 2026 aux numéros fixes et depuis juillet aux mobiles. Elles ne bloquent pas toutes les arnaques.
-
En cas de doute, raccrochez et cherchez vous-même le numéro officiel. Réagissez immédiatement si de l’argent ou des données d’accès sont en jeu.
Qu’est-ce que le spoofing ?
L’usurpation du numéro de l’appelant, ou « caller ID spoofing », consiste à afficher un autre numéro que celui dont provient réellement l’appel. Des escrocs peuvent ainsi inspirer confiance ou masquer leur localisation. Le numéro d’une personne non impliquée peut aussi être utilisé. En rappelant, vous risquez donc de joindre quelqu’un qui n’a rien à voir avec l’appel initial.
Qu’est-ce qui a changé en Suisse en 2026 ?
De nouvelles prescriptions s’appliquent aux appels provenant de l’étranger avec un numéro fixe suisse depuis le 1er janvier 2026, puis avec un numéro mobile suisse depuis le 1er juillet 2026. Les fournisseurs de transit doivent les marquer techniquement. Si cela est impossible, ils doivent supprimer le numéro transmis.
Le fournisseur qui reçoit la communication peut ainsi mieux repérer les numéros usurpés, masquer leur affichage ou bloquer l’appel. Ce marquage circule entre fournisseurs ; il ne garantit pas l’apparition d’un avertissement sur votre écran. L’OFCOM explique ces prescriptions.
Un numéro suisse affiché est-il désormais fiable ?
Non. Ces mesures ne certifient pas la véracité de la conversation. Une escroquerie reste possible sans usurpation de numéro. À l’inverse, un numéro masqué n’est pas automatiquement frauduleux. Les demandes de votre interlocuteur comptent aussi.
Une autre arnaque commence par un SMS ou un courriel annonçant un prétendu paiement : vous devez appeler le numéro indiqué pour stopper l’opération. Vous tombez en réalité sur les escrocs. L’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) met en garde contre ces pièges au rappel.
Quels signaux doivent vous alerter ?
- La personne vous presse, menace de vous faire arrêter ou prétend que votre argent est en danger immédiat.
- Elle exige des mots de passe, un code PIN, des codes de confirmation ou la validation d’un paiement que vous n’avez pas demandé.
- Vous devez transférer votre argent sur un compte prétendument sûr ou permettre à une personne inconnue d’accéder à distance à votre appareil.
- Vous ne devez soi-disant en parler à personne ou vous devez rester au téléphone pendant le virement.
Comment vérifier un appel suspect ?
Raccrochez. Cherchez vous-même le numéro de la banque, de l’entreprise ou de l’autorité concernée, par exemple sur vos documents bancaires ou son site officiel consulté indépendamment. N’utilisez ni la fonction de rappel ni un numéro fourni dans le message suspect. Expliquez au véritable organisme ce qui vous a été demandé.
Ne transmettez aucune donnée d’accès et n’installez pas de logiciel de prise en main à distance sur demande d’un appelant inconnu. Les recommandations de l’OFCS sur le phishing et le vishing permettent de reconnaître ces tentatives.
Que faire si j’ai déjà réagi ?
Si vous avez effectué un paiement ou transmis des données bancaires ou de carte, contactez immédiatement votre banque ou l’émetteur de la carte par un canal fiable. Faites bloquer les accès ou cartes menacés et demandez si le paiement peut encore être arrêté. En cas d’accès à distance, déconnectez l’appareil d’Internet et utilisez un appareil sûr pour la suite. Changez les mots de passe divulgués.
Conservez les messages, l’heure de l’appel, le numéro affiché et les justificatifs de paiement. Signalez l’incident à l’OFCS au moyen du formulaire accessible sur son site. En cas de préjudice, déposez plainte auprès de la police. Le signalement à l’OFCS ne remplace pas cette démarche. La récupération des fonds et les éventuelles prétentions en réparation doivent être examinées au cas par cas ; un numéro suisse ne garantit aucun remboursement automatique.
Notez non seulement le numéro affiché, mais aussi l'heure et l'objet de l'appel. En cas de paiement suspect, contactez immédiatement votre banque. Signalez-nous sans tarder tout litige qui en découlerait ; nous examinerons les possibilités d'assistance conformément à votre police et aux CGA en vigueur.
Publié le 27 septembre 2026