Famille

Actualisé le 1 juin 2026

L’éducation sans violence entre dans la loi – qu’est-ce que cela signifie pour les parents et les enfants ?

Peut-on donner une gifle à son enfant ? Qu’en est-il des insultes ou des humiliations ? Dès le 1er juillet 2026, la loi suisse précise expressément que les enfants doivent être éduqués sans violence. Nous vous expliquons ce qui change et où les enfants peuvent trouver de l’aide.

En résumé

  • Dès le 1er juillet 2026, le principe de l’éducation sans violence est expressément inscrit dans la loi.

  • Les punitions corporelles telles que les gifles ou les coups ne sont pas autorisées.

  • Les violences psychologiques, comme les humiliations, les cris répétés ou les punitions dégradantes, peuvent également poser problème.

  • La nouvelle loi ne crée pas de nouvelle infraction pénale. Les enfants étaient déjà protégés par le droit pénal auparavant.

L’éducation sans violence est désormais expressément inscrite dans la loi

Le 1er juillet 2026, une modification du Code civil suisse (CC) entre en vigueur. La loi précise désormais expressément que les parents doivent éduquer leurs enfants sans recourir à la violence. Sont interdites non seulement les punitions corporelles, mais aussi les atteintes psychiques et les autres formes de traitements dégradants. Par cette modification, le législateur souhaite envoyer un message clair : la violence n’a pas sa place dans l’éducation.

L’éducation sans violence est désormais expressément inscrite dans la loi

Non, pas du tout.

Pendant longtemps, la question s’est posée de savoir si les parents disposaient d’un prétendu « droit de correction ». En réalité, cette notion a déjà été supprimée de la loi en 1978. À l’époque, le Conseil fédéral estimait toutefois qu’un tel droit allait de soi et qu’il n’était donc pas nécessaire de le mentionner expressément dans la loi. Cette position a entretenu une certaine insécurité juridique pendant de nombreuses années. La nouvelle loi apporte désormais davantage de clarté : les enfants ont droit à une éducation sans violence.

Que dit le droit pénal ?

Même avant cette modification législative, les enfants étaient déjà protégés par le droit pénal. Une gifle peut notamment être considérée comme une voie de fait. Si elle provoque des blessures, elle peut même constituer une lésion corporelle. Frapper un enfant peut donc être punissable. La nouvelle loi ne crée ainsi pas de nouvelle infraction pénale. Elle inscrit expressément dans le Code civil un principe qui existait déjà.

La violence n’est pas seulement physique

Lorsque l’on parle de violence, beaucoup pensent d’abord aux coups ou aux gifles. Pourtant, les enfants peuvent aussi être blessés par les mots. Les insultes répétées, les humiliations, les menaces ou le fait d’être volontairement rabaissé peuvent également avoir de lourdes conséquences. C’est pourquoi la loi mentionne expressément les atteintes psychiques et les autres formes de traitements dégradants.

Que peuvent faire les enfants concernés ?

Tous les enfants n’osent pas parler de la violence qu’ils subissent à la maison. Beaucoup craignent de ne pas être crus ou que la situation s’aggrave. Il est important de savoir qu’un enfant ne doit pas faire face seul à de telles situations.

Les enfants qui subissent des violences physiques ou psychologiques à la maison devraient en parler à une personne de confiance. Il peut s’agir par exemple d’un enseignant ou d’une enseignante, du service social scolaire, d’un membre de la famille, d’un voisin ou d’une voisine, d’un entraîneur sportif ou de toute autre personne adulte de confiance.

Les services de conseil destinés aux enfants et aux jeunes proposent également un soutien confidentiel et peuvent aider à réfléchir aux prochaines démarches à entreprendre.

Conseil JUSTIS Protection juridique

Si tu es frappé(e), menacé(e), humilié(e) ou régulièrement insulté(e) ou crié(e) dessus à la maison, parle-en à une personne de confiance. Il peut s’agir par exemple de ton enseignante ou de ton enseignant, du service social de ton école, d’un membre de ta famille ou d’un autre adulte de confiance.

Tu n’es pas responsable de ce qui t’arrive et tu ne dois pas affronter ces situations seul(e).

Si tu ne souhaites pas en parler à quelqu’un de ton entourage, tu peux également contacter gratuitement le service de conseil « 147 ». Les enfants et les jeunes y reçoivent de l’aide 24 heures sur 24, par téléphone, chat ou SMS.

Demander de l’aide n’est pas une trahison envers sa famille. C’est une démarche importante pour se protéger.

Publié le 1 juin 2026