L’assurance refuse de payer : que faire ?

Un dommage, une facture, puis un refus de l’assurance. Cette réponse n’est pas forcément définitive. L’essentiel est de comprendre ses motifs et d’entreprendre les bonnes démarches à temps.

Dossier d’assurance bleu accompagné d’une lettre, de justificatifs et d’une loupe, évoquant l’examen d’un refus de prestations.

En résumé

  • Demandez une motivation écrite compréhensible et consultez les documents applicables à votre contrat.

  • Les assurances privées et sociales suivent des procédures différentes. Vérifiez immédiatement les délais.

  • Un office de médiation peut intervenir ; une protection juridique peut vous aider dans les limites de sa couverture.

Comprendre le motif du refus

La formule « non couvert » paraît définitive. Elle peut pourtant recouvrir des situations très différentes : l’assurance estime que l’événement ne relève pas du contrat, invoque une exclusion, attend des justificatifs ou conteste le montant du dommage. Certains refus sont fondés. D’autres reposent sur des faits incomplets ou une appréciation juridique discutable.

Demandez une explication écrite : quelle prestation est refusée ou réduite ? Quelle clause ou disposition légale est invoquée ? Quels faits et documents sont déterminants ? En cas de réduction, le calcul doit également être compréhensible.

Constituer un dossier complet

Rassemblez la police, les conditions générales d’assurance (CGA) applicables, la déclaration de sinistre, les échanges et les justificatifs. Les conditions actuellement publiées sur le site ne correspondent pas nécessairement à votre contrat. Résumez les événements avec leurs dates. Selon le désaccord, des photos, factures ou documents médicaux peuvent être décisifs.

Un exemple : l’assurance considère que le dommage existait déjà, alors que vous disposez de photos datées montrant l’objet intact. Cette contradiction précise sera plus utile qu’une accusation générale de mauvaise volonté.

Contester par écrit avec une demande précise

Identifiez le point litigieux, exposez votre position et joignez les preuves pertinentes. Indiquez ce que vous demandez : par exemple le paiement d’une facture précise ou un nouveau calcul. Conservez une copie et une preuve de réception.

Pour une assurance privée, cette réclamation n’équivaut pas automatiquement à une procédure légale d’opposition. Fixez un délai de réponse raisonnable. N’attendez toutefois pas son expiration si un délai légal risque de prendre fin.

Délais : les procédures ne sont pas toutes identiques

En matière d’assurances sociales, des décisions formelles et des voies de droit particulières peuvent s’appliquer. Une décision de l’assurance-accidents obligatoire peut en principe faire l’objet d’une opposition dans les 30 jours. D’autres assurances sociales peuvent prévoir d’autres étapes. Lisez donc l’indication des voies de droit et faites vérifier rapidement la procédure en cas de doute.

Pour les assurances privées aussi, la prescription ou d’autres délais peuvent être déterminants. Une réclamation ou une demande de médiation ne préserve pas automatiquement tous les délais. Ne vous reposez pas uniquement sur les discussions en cours.

Médiation ou représentation juridique ?

L’Ombudsman de l’assurance privée et de la Suva propose gratuitement une médiation dans les limites de sa compétence. Vous devez d’abord avoir tenté de résoudre le désaccord par écrit avec l’assurance. Un autre office est compétent pour l’assurance-maladie, y compris les assurances complémentaires. La médiation ne remplace pas un tribunal et ne peut imposer un paiement.

L’ordre des démarches compte : l’Ombudsman de l’assurance privée et de la Suva n’intervient pas lorsqu’une personne spécialisée, notamment un cabinet d’avocats ou une assurance de protection juridique, est déjà saisie. Sa médiation est également exclue après une décision formelle LAA. La demande ne suspend pas les délais. Déterminez donc tôt la voie adaptée à votre situation.

Quel rôle pour la protection juridique et la FINMA ?

Si vous avez une protection juridique, annoncez rapidement le litige et clarifiez la couverture ainsi que la prise en charge avant d’engager des frais. Le domaine assuré, la date de l’événement assuré et les exclusions sont notamment déterminants. Un abonnement conclu après coup ne couvre pas automatiquement un litige déjà existant.

La FINMA recueille les signalements de possibles irrégularités. Les tribunaux tranchent toutefois les prétentions individuelles relevant du droit privé. Un signalement à l’autorité de surveillance ne remplace donc ni les démarches pour obtenir une prestation ni un recours soumis à un délai.

Examiner un accord avant de signer

Un versement rapide peut être utile. Vérifiez toutefois si une indemnité transactionnelle ou une clause pour solde de tout compte vous fait renoncer à d’autres prétentions. Faites examiner les déclarations peu claires avant de les signer. L’objectif est une solution solide, fondée sur le contrat et les preuves.

Sources et informations complémentaires

Conseil JUSTIS Protection juridique
Demander les motifs et préserver les délais

Dès la réception d’un refus, notez les éventuels délais. Demandez une motivation précise et rassemblez votre dossier. Déterminez ensuite si une médiation ou une représentation juridique est indiquée, sans laisser passer un délai en cours.

Publié le 28 septembre 2026